Madame Moi-je.

Madame Moi-je.
__

Misanthrope (du grec miseîn, haïr, et anthrôpos, homme) : D'une humeur constamment maussade, agressive, hostile ; qui aime la solitude (synonymes : asocial, sauvage).

Misanthropie : Comportement de misanthrope.

Excessif : Qui dépasse la mesure. Discours d'une longueur excessive (synonyme : exagéré). Il jouit de pouvoirs excessifs (synonyme : abusif).



¯¯


___Comme je suis un manche en dessin, un manche en chant, un manche en maths (quoique, cette dernière chose ne m'affecte d'aucune façon), un manche en à peu près tout, Dieu (ou peut-être pas, qui sait ?) a décidé de m'affubler d'une imagination hallucinante et d'un sens inné de l'orthographe. Merci bien. Dommage que cette imagination soit généralement peu utile, sauf pour les affabulations de toutes sortes (que je ne citerai pas) qui rythment mon quotidien et qui, à chaque fois, sont source de déception, parce que finalement, la réalité n'est pas aussi bien faite que je me l'imagine. Il paraîtrait même que le Père Noël n'existe pas. Je sais, je sais, c'est une honte de diffuser de telles rumeurs. Ne vous inquiétez pas, le coupable s'en mordra les doigts. Pour l'orthographe, c'est encore pire, car au lieu d'être un atout pour moi, c'est plutôt un handicap (disons, pour ma vie sociale, déjà dangereusement atteinte). Car, soyons francs, c'est une chose dont tout le monde se fiche (pas la vie sociale, l'orthographe, malheureusement). Et il est vrai que je dois paraître monstrueusement chiante à bondir au plafond à la première faute que j'aperçois. Il est sans doute excessif, du reste, de juger les gens sur leur orthographe et de se demander si telle personne, on l'observant sous toutes les coutures (comme si c'était écrit sur son visage) fait des fautes. Mais cela, je ne peux pas m'en empêcher.
___ Si je suis dans la phase terminale de la misanthropie aiguë, j'ai toujours l'espoir qu'elle s'arrange d'une façon ou d'une autre, par exemple en rencontrant une personne qui me comprenne, ce qui n'est pas gagné. J'ai beau chercher, personne ne partage mon amour pour la littérature, mon dégoût des sciences, mon admiration pour les personnes singulières, telles que tueurs en série, méchants des livres, psychopathes en tout genre, mon indignation pour les fautes d'orthographe, ma manie des textes trop longs, mon incompétence désespérante même pour les choses les plus simples, mon émerveillement devant tout ce qui touche à Marilyn Manson, mon goût pour la contradiction, mes aspirations secrètes qui se détruisent peu à peu, faute d'avoir été nourries, les illusions issues de mon imagination débordante qui ne font que me dégoûter par la suite, parce qu'irréalisables, mon caractère parfois lunatique, étrange, ma jalousie, mon égoïsme, ma honte, mon ennui, ma méfiance, ma maladresse, ma rêverie, bref toute ma complexité intérieure. Et le pire, c'est que j'ai l'air normale, comme ça, à première vue.




Dilla. Quinze ans.

# Posted on Wednesday, 10 June 2009 at 1:47 PM

Edited on Wednesday, 23 September 2009 at 11:19 AM

« Alice commença à se sentir toute somnolente, et elle se mit à répéter, comme si elle rêvait : "Est-ce que les chats mangent les chauves-souris ?" et parfois "Est-ce que les chauves-souris mangent les chats ?" car, voyez-vous, comme elle était incapable de répondre à aucune des deux questions, peu importait qu'elle posât l'une ou l'autre. »

  « Alice commença à se sentir toute somnolente, et elle se mit à répéter, comme si elle rêvait : "Est-ce que les chats mangent les chauves-souris ?" et parfois "Est-ce que les chauves-souris mangent les chats ?" car, voyez-vous, comme elle était incapable de répondre à aucune des deux questions, peu importait qu'elle posât l'une ou l'autre. »

Alice au pays des merveilles


- Producteur : Tim Burton

- Avec Johnny Depp dans le rôle du Chapelier Fou

- Sortie : 24 mars 2010 (cherchez l'erreur)


___Je veux qu'on m'enferme dans un caisson intemporel jusqu'à cette date, cela afin d'éviter que je ne me ronge les ongles jusqu'au sang, que je ne devienne à moitié folle d'angoisse dans l'attente, que je n'use la patience de mon entourage en ne sachant plus que répéter inlassablement le nom du film et sa date de sortie et que je ne me retrouve finalement, soit tranchée en tous petits morceaux enfouis au fond du jardin, soit dans un hôpital psychiatrique pour le restant de mes jours.
___Bien entendu, comme je suis une fille tout à fait futile et absolument pas indispensable au bon déroulement de la vie terrienne (au contraire), l'on m'oubliera volontairement, ou non, dans mon caisson, d'où je ne serai dégelée qu'à une époque futuriste, où les humains seront sous le contrôle des scientifiques et de leurs associés, les fotedortograf, tandis que des rebelles, notamment des littéraires effarouchés et d'autres personnes dangereuses pour l'humanité, comme les créateurs de Dora et leur armée d'enfants robotisés, tenteront sans cesse des attaques surprises. Je parcourrai tout le globe afin de trouver un DVD ou du moins un enregistrement du film Alice au Pays des Merveilles mais on me répondra partout par la négative, certains ne connaissant même pas et d'autres le définissant comme "archaïque". Finalement, ce monde uniquement basé sur les révoltes et les combats de différents partis (scientifiques, littéraires, adeptes de Dora et autres) ne me tentant que fort peu et n'ayant pas réussi à me procurer ce qu'il me fallait, je retournerai de dépit dans mon caisson jusqu'à être à nouveau dégelée par un hasard fortuit.
___Cette fois, la Terre me paraîtra extrêmement calme et même... vide. Eh oui, tous les humains se seront entre-tués et je n'aurai même pas vu Alice au Pays des Merveilles. Après trente-sept tentatives de suicide infructueuses, je me déciderai enfin à repeupler la planète avec une sorte de grenouille bleue fluorescente (beurk), dont le résultat (deux monstres baveux), ne me déprimera que plus. Finalement, lesdits monstres baveux que je jugeais au moins inoffensifs se rebelleront et, après avoir assisté à la mort cruelle de la grenouille, je serai obligée de fuir à l'autre coin de la Terre, où je découvrirai les vestiges d'un immense vaisseau. Après avoir contraint une sorte d'hérisson croisé avec une antilope de le remettre à neuf, je pourrai enfin me réfugier dans une autre planète peuplée d'êtres accueillants interdisant la popularisation des sciences, censurant les épisodes de Dora et vénérant les tueurs en série. Par ailleurs, ils m'apprendront que Marilyn Manson, au lieu d'être tué comme les autres cons d'humains, se sera également exilé ici. J'irai le retrouver et, après nous être pourvus d'un système automatique de traduction (je ne peux vraiment, vraiment pas blairer l'anglais), nous pourrons vivre ensemble et heureux. Là, bien sûr, il y a une incohérence : Marilyn Manson aurait dû être mort et enterré depuis longtemps, pendant que je gelais dans mon caisson. Mais, que voulez-vous ? On ne peut pas penser à tout. Et, au contraire, il avait rajeuni, de vingt bonnes années. Ce qui ne nous faisait plus que cinq ans de différence, parfaitement idéal.
Bref, tout ça pour dire que je veux absolument voir ce film, qui a l'air vraiment génial et que je déteste les réalisateurs trop lents et malavisés qui nous annoncent un film des années avant de l'avoir terminé, sans doute pour nous torturer et nous laisser mariner dans les affres de cette attente désespérante... ce qui, peut-être, nous fera mieux apprécier leur travail (ou pas).
L'injustice règne.



Cela dit, finissons sur une note positive : la culture des choux mutants en Afrique du Sud ne cesse de s'améliorer ! Pouvez-vous nous en dire un peu plus, journaliste Art' ?

# Posted on Friday, 24 July 2009 at 9:32 AM

Edited on Monday, 03 August 2009 at 3:12 PM

I'm in the business of misery

 I'm in the business of misery ♪
___L'été, c'est la saison bénie où on n'a même plus besoin de se coller la tête dans un four pour avoir l'air cramé. Où, Dieu merci, des personnes intelligentes nous ont évité de rester tranquille sans devoirs à faire en inventant les cahiers de vacances. Où nos parents décident tout à coup de nous emmener dans un trou perdu au fin fond de la cambrousse avec des huttes en guise d'habitations et des pagnes faits de peaux d'animaux (bon, j'exagère un peu. Juste un peu). Où, en tout cas, personne n'a jamais entendu parler d' "ordinateurs" ni d' "Internet" (au vingt et unième siècle, c'est quand même grave). Où on a bien sûr drôlement envie de se faire des amis parmi les quelques connards de notre âge (pensée personnelle. Totalement ironique). Où, finalement, nos meilleurs amis se révèlent être des moustiques bzzbzztant et des fourmis de la taille d'une chaussure, pointure trente-six et autres bébêtes douteuses. (Bon, j'avoue, ça laisse toujours un joli souvenir que d'avoir le visage boursouflé de boutons.) Où on se surprend à bénir le moindre souffle de vent frais qui a le mérite de balayer la chaleur étouffante... jusqu'au moment où on se rend compte qu'il vient de provoquer un redoutable feu de forêt s'apprêtant à achever de nous cramer la face. Où on se noie dans notre sueur, ce qui provoque une puanteur qui ferait s'enfuir n'importe qui à deux-mille kilomètres à la ronde. Où, évidemment, on voit nos parents trois fois plus que d'habitude (quel bonheur, surtout quand, lorsque notre père ronfle, on croirait entendre le moteur d'un avion prêt à décoller). Où, à notre retour, on s'aperçoit qu'en quinze jours, les gens ont oublié jusqu'à notre prénom et qu'on n'est en réalité rien de plus qu'un poids pour l'humanité. Où, déprimé, on se traîne sur l'ordinateur douze heures par jour jusqu'à devenir une sorte de légume à pattes n'utilisant ses membres que pour taper incessamment sur le clavier ou se lever version zombie pour ses tâches quotidiennes. Où on finit par se jeter du haut d'une falaise en gueulant "Pourquoi moiiii ?!" et en tuant une marchande de tapis au passage, mais à part ça en réussissant, au mieux, manque de pot, à se casser les deux bras et se paralyser la jambe droite.

Franchement, non, je n'aime pas l'été.


Image : Hayley Williams, chanteuse de Paramore. J'aime ses cheveux.

# Posted on Monday, 27 July 2009 at 5:17 PM

Edited on Monday, 03 August 2009 at 3:09 PM

Image : Freddie est sans doute un exemple de garçon magnifiquement beau ♥ ___Skins ♥ =D

   Image : Freddie est sans doute un exemple de garçon magnifiquement beau ♥ ___Skins ♥ =D
Ma rentrée en seconde

Déjà, après un long mois passé à tenter de me persuader qu'un évènement quelconque ne tarderait pas à survenir afin de me dispenser de la rentrée, je ne saurai plus exactement où j'en suis et je vivrai dans la paranoïa la plus intense, guettant le moindre bruit et réagissant au plus petit mouvement jusqu'à mourir déshydratée, ayant oublié jusqu'à l'existence des tâches quotidiennes les plus simples. Non, je déconne.
La veille du jour fatidique, donc, je ne pourrai m'empêcher de me retourner un nombre avoisinant les trois-cent mille six-cent vingt-quatre fois, avant de jeter un coup d'oeil inquiet sur mon réveil et de m'aviser que, techniquement, devant me lever à sept heures et mon stupide engin marquant trois heures et demi du matin, ne me restait plus que moins de quatre heures de sommeil, ce qui faisait peu. Par la suite, les chiffres m'emprisonnant dans leur étreinte rationnelle et douloureusement inévitable, je ne pourrai m'empêcher de tourner fréquemment la tête et pour, dès que je verrai des minutes s'envoler hors de mon temps de sommeil, pousser à chaque fois un petit cri de désespoir totalement pathétique. Finalement, parvenue à deux heures, vingt-cinq minutes et trente-quatre secondes, je tomberai enfin comme une masse (ouf).
Je rêverai d'un vieillard édenté me désignant le ciel d'un geste insistant, où une vache énorme faite uniquement de nuages fera bientôt son apparition, beuglant tellement fort que je serai expulsée de la Terre et voguerai dans l'univers, jusqu'à échouer sur une planète d'apparence anodine, mais où je finirai dévorée par un monstre sanguinaire à trois têtes et bave dégoulinante... bref, un rêve sans aucun rapport avec le réel et totalement sans intérêt.
Le lendemain, donc, je me réveillerai avec un mal de tête naissant, autant du fait de mon manque de sommeil que des maths faits la veille (comme quoi, les maths devraient être abolis ne serait-ce que pour pouvoir dormir sur ses deux oreilles même à des heures plus qu'indues). Je jetterai un coup d'oeil abruti par la fatigue à mon réveil et là, je me réveillerai complètement, parce que de deux choses l'une : soit l'engin était détraqué, soit j'étais considérablement en retard. Concluant vite à la seconde éventualité, je me lèverai aussi vite que possible, passerai en coup de vent dans la salle de bains et, attrapant les céréales, mangerai à même la boîte avant de me précipiter dans l'entrée pour enfiler mes chaussures. À ce moment-là seulement, je me souviendrai de mes affaires de cours et monterai les chercher dans le plus grand désordre. Enfin, je sortirai en courant de la maison, les lacets défaits, les cheveux à moitié peignés, l'air de sortir à peine du lit (vrai).
Comme il fallait s'y attendre, je verrai le bus démarrer sous mes yeux et, même en agitant désespérément les bras, style "je suis perdue sur une île déserte, que quelqu'un vienne me chercher ou je mourrai dans d'atroces souffrances avalée par un méchant crocodile", malgré cela, donc, il ne se retournera pas et aucun agent secret canon n'arrêtera sa voiture juste devant moi en m'invitant à monter (déplorable).
Consternée et furieuse à la perspective de rater mon premier jour au lycée, je parcourrai du regard les environs, soit l'arrêt de bus en particulier, à la recherche d'une nouvelle éventualité à laquelle me raccrocher. Je finirai par remarquer un gamin effrayé par mon redoutable regard hypnotique et tenant à la main droite... un pistolet à l'eau. Avec un insensé cri de victoire, je m'en emparerai, repousserai le mioche afin qu'il ne puisse pas m'entraver dans ma course (il connaîtra ensuite un sort funeste en percutant un mur décrépit, dont les pierres se détachèrent et l'ensevelirent aussitôt... mais ceci est une toute autre histoire) et courrai me placer en plein milieu de la route. Une voiture s'arrêtera brusquement devant moi dans un terrible bruit de freins et je me ruerai à l'intérieur, tout en menaçant le conducteur du pistolet à eau.
- Amenez-moi au lycée Raymond Queneau, dirai-je d'une voix étranglée et lugubre.
L'homme obtempérera sans discuter. Un instant méfiante, je finirai par me détendre, observant la route avec rêverie. L'autre en profitera pour braquer sur moi son pistolet - un vrai, cette fois. Oubliant ce que j'avais en mains, j'appuierai brusquement sur la détente, pour voir de stupides jets d'eau s'élever à deux centimètres avant de retomber mollement. Mon ennemi se fendra d'un rire victorieux. Ne sachant que faire, j'examinerai la situation avec calme, pour conclure que de mon côté, elle était désespérée. Je tenterai alors un geste irréfléchi : j'écraserai la pédale de frein de la voiture. L'homme, décontenancé, aura un instant d'absence pendant lequel je lui arracherai son pistolet et le jetterai hors du véhicule. Il me menacera du poing, mais ne pourra rien faire. Ne sachant pas conduire et refusant de m'y essayer, je sortirai en trombe de la voiture, emportant au passage des restes de pizza volés à mon rival, pour les grignoter sur le chemin. Celui-ci, toujours au sol, ne se sentira sans doute pas la force de me rattraper. Reconnaissant les abords du lycée, je me précipiterai et ne m'arrêterai de courir que parvenue devant l'établissement. Là, je reprendrai mon souffle un instant, appuyée contre l'un des murs. Puis je pénétrerai enfin à l'intérieur.
Je ne reconnaîtrai personne dans la nuée des lycéens massés autour de simples papiers accrochés aux murs. Je m'approcherai, moi aussi et constaterai avec agacement qu'aucun nom ne m'était familier dans la liste où j'étais consignée. Résignée à atterrir dans une classe uniquement faite d'inconnus à mon égard, j'emprunterai le premier couloir à ma portée, puis d'autres et encore d'autres, sans souci de logique. Bien sûr, je finirai totalement perdue, sans même me souvenir du nom de la salle où j'aurais dû me rendre.
Soudain, au détour d'un couloir, j'apercevrai un garçon magnifiquement beau, négligemment appuyé contre un mur et semblant m'attendre. Je marcherai jusqu'à lui et il me barrera la route, un unique sourcil froncé sur son visage parfait.
- Tu es bien Dilla ?
- C'est moi.
- On t'attend en salle C.
Il disparaîtra devant moi, se déplaçant à grandes enjambées. Je m'apprêterai à le suivre, lorsque soudainement, j'entendrai un rire sarcastique juste derrière moi. Je ferai volte face. Sans que je puisse m'expliquer comment, mon ennemi m'avait rattrapée. Mais à présent, c'est moi qui avais son pistolet. Je le menacerai de mon arme.
- À ta place, je m'abstiendrais, dira l'homme, goguenard. Si tu me tires dessus, la moitié du lycée sera au courant.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? répondrai-je alors, méfiante et angoissée.
- Tu vas mourir d'un instant à l'autre ! Les restes de pizza que tu as mangés contenaient un très dangereux poison !
Sa main droite se révélera alors à mes yeux, tenant une petite fiole remplie d'une substance de couleur sombre.
- Dont voici l'antidote.
Affolée, je considérerai alternativement mon pistolet, puis l'ennemi devant moi. Puis je me déciderai et appuierai sur la détente. L'homme s'écroulera à terre. Aussitôt, je m'emparerai de la fiole, en avalerai le contenu et pousserai le cadavre dans une salle vide. Le garçon me fera signe et je lui emboîterai le pas. Nous déboucherons dans une salle de classe, où les élèves, curieux, tourneront la tête à notre entrée. Le prof, quant à lui, continuera de parler sans nous prêter attention, jusqu'à ce qu'il termine sa longue phrase.
- Je crois qu'un élève a lancé un pétard sur la fenêtre de l'établissement, dira mon sauveur d'un ton neutre.
Le professeur froncera les sourcils et nous fera signe de nous asseoir, avant de recommencer à parler. Ses propos ne m'intéressant pas, ou peu, je sombrerai dans un demi-sommeil pour, à chaque fois que j'en émergerai, jeter un coup d'oeil sur ma montre et compter le sommeil rattrapé. Parvenue à trois heures, douze minutes et cinquante secondes, un meilleur constat, je serai subitement réveillée par le cri étranglé - c'est le cas de le dire -, du professeur, alors qu'une espèce de bébête vert-marron aux yeux globuleux lui enserrait le cou jusqu'à l'asphyxie. Les autres élèves ne remarqueront rien, probablement trop occupés à dormir ou ne pouvant voir la scène. Seul, le garçon extrêmement beau me fixera d'un regard insistant, comme pour m'inciter à intervenir.
Je m'emparerai à nouveau du pistolet et tirerai des balles prudentes sur la bestiole (en évitant de tuer le professeur au passage, même si son discours m'ennuyait). Celle-ci, furieuse, grimpera rapidement sur le mur en agitant de toutes ses forces ses petites pattes gélatineuses. Ne me restant plus aucune balle, je me servirai de l'arme pour assommer l'ennemi, qui tombera brutalement à terre avec un petit soupir de douleur. Je le balancerai d'un coup de pied par la fenêtre.
Le professeur, comme si absolument rien ne s'était passé, reprendra son discours avec entrain et les autres élèves continueront de dormir, leurs ronflements allègres ponctuant ses propos.
Irritée, je reviendrai à ma place jusqu'à ce que la sonnerie retentisse et que je me rue hors de la salle. Tous les élèves sortiront à leur tour, sauf un. Je jetterai un coup d'oeil par la porte, et remarquerai le garçon très beau métamorphosé en araignée géante. Je hausserai les épaules, refermerai la porte et suivrai les autres élèves pour cette fois, si possible, éviter de me perdre et de rater mon bus.


Voilà. Bon, je suis bien sûr restée dans le plus classique... ne perdons pas non plus notre sens des réalités ;)


Et vous, comment voyez-vous votre rentrée ?

# Posted on Thursday, 06 August 2009 at 2:40 PM

Edited on Monday, 10 August 2009 at 10:46 AM

Pourriez-vous, s'il vous plaît, avoir la gentillesse de (si vous le voulez bien), me laisser, je vous en prie, et le cas échéant, un commentaire, merci, constructif, merci beaucoup, sur cet article. Merci mille fois.

Pourriez-vous, s'il vous plaît, avoir la gentillesse de (si vous le voulez bien), me laisser, je vous en prie, et le cas échéant, un commentaire, merci, constructif, merci beaucoup, sur cet article. Merci mille fois.

La politesse est une chose bien étrange. Elle a traversé les années, traversé les siècles, s'adaptant à nos époques, s'adaptant à nos moeurs, mais restant toujours omniprésente. Je me demande quand et comment elle put être inventée. Est-ce qu'un terrien s'est dit un jour "Tiens, aujourd'hui je vais inventer quelque chose qui emmerdera les autres, qui les emmerdera vraiment mais qu'ils seront quand même obligés de faire, pour diverses raisons..." ? Qui sait ?...

.

Imaginez-vous un instant. Vous êtes invité chez votre patron, qui est, vous le savez, particulièrement maniaque de la politesse. Sa femme, dentiste, a toujours voulu être mannequin, jusqu'à croiser son reflet dans la glace et, désespérée, se réfugier dans les soins dentaires et les cris de douleur inarticulés des patients (quoi ? je plante le décor). Bref, vous êtes en train de manger lorsque votre patron vous sert autre chose. Là, vous êtes partagé : d'un côté, vous devriez dire "merci", mais de l'autre, il ne faut jamais parler la bouche pleine. Alors, vous vous décidez et vous mettez à engloutir vos pâtes à toute vitesse... jusqu'à l'étouffement et la mort dans d'atroces souffrances.

Eh oui, la politesse tue.


Cette fois, vous rentrez chez vous, mais vous remarquez avec horreur que votre maison est en train de cramer. Elle est déjà à moitié écroulée et votre téléphone portable est resté à l'intérieur. Vous décidez donc d'emprunter le fixe de votre amie pour appeler les pompiers. Vous courez jusqu'à sa maison et celle-ci vous accoste avec le sourire en vous proposant une tasse de thé. Vous savez qu'elle a tendance à se vexer pour n'importe quoi et ne vous voudriez pas faire preuve d'impolitesse, alors vous acceptez. Vous lui demandez comment ça va, elle vous raconte quelques potins. Quand c'est à votre tour de dire si ça va, vous gueulez : NON ! MA MAISON EST EN TRAIN DE CRAMER ! Le temps que vous arriviez, c'est déjà trop tard...

Elle détruit, aussi.

Maintenant, vous rendez visite à une amie, parce que vous vous ennuyez, seul chez vous. Vous ne remarquez même pas ses traits tirés, ses yeux rougis, son air considérablement ennuyé par tout ce que vous pourriez lui raconter. Vous revenez de vacances et vous avez des tas de choses à lui dire. Puis, enfin, vous lui demandez : Et toi, alors ? Comment ça va ? Et elle vous hurle en pleine figure : NON, ÇA NE VA PAS ! MON MARI M'A QUITTÉE, JE N'AI PAS ASSEZ DE FRIC POUR PARTIR EN VACANCES, J'AI PERDU MON TRAVAIL PARCE QUE JE NE DORMAIS PAS ASSEZ ET ARRIVAIS EN RETARD, JE T'AI ENVOYÉ UN MAIL DÉSESPÉRÉ QUE TU N'AS JAMAIS LU ET TU ME DEMANDES SI ÇA VA ?! Okay... fallait juste se taire.

Et elle favorise les inimitiés.

.


Moralité : réfléchissez bien avant d'utiliser la politesse. Vous pourriez le regretter amèrement. Héhé.


Image : L'ombre de Peter Pan *_* <3

# Posted on Wednesday, 12 August 2009 at 2:45 PM

Je savais bien que les films d'horreur, c'était ma vocation.

Je savais bien que les films d'horreur, c'était ma vocation.
-
-
-

Vous savez, cette sensation qui vous prend. Comme une intuition macabre. Vous voyez tout dans le moindre détail. Et vous vous dites
"Cette fois, ça y est, quelque chose va vraiment arriver !"
Par exemple, un zombie qui me tombera dessus au moment où je tournerai la tête. Il me fixera de ses yeux glacés jusqu'à ce que l'effroi me fige sur place et mon visage sera à jamais pétrifié dans une expression affreusement laide. Ou bien on m'assommera violemment et je me réveillerai sur des rails, prête à me faire couper en deux par un train à grande vitesse. Pourquoi pas, même, sur une barque percée, en plein milieu de l'océan et à proximité d'un groupe de requins particulièrement affamés. Je pourrais tout aussi bien voir Dracula au détour d'un couloir et tandis que je m'enfuirai, éperdue, sa horde de chauve-souris me tombera dessus afin de me ralentir et de me livrer à leur maître. Heureusement, Brad Pitt me sauvera dignement, puis il se changera en Superman pour me faire voler dans les airs... et puis il me posera à terre, me coincera tout en haut d'un immeuble et se muera en un immense serpent venimeux... À ce moment-là, Frankenstein prendra le relais, balançant le futile serpent dans le vide. Il me lorgnera de son regard fixe, prononçant des borborygmes destinés à éveiller encore davantage mon effroyable peur. Il s'avancera lentement vers moi, les bras tendus comme pour m'étrangler. Je me jetterai alors de l'immeuble et serai rattrapée par Spiderman, l'homme araignée... enfin, jusqu'à ce que le Docteur Octopus lui arrache la tête et s'apprête à me broyer le corps à l'aide de ses quatre immenses tentacules.

Et en fait, non. Vous avez juste trop regardé de films d'horreur.


Ragots : - Vivement que Saucisse (Saw 6) sorte ! (waaah... la blague a dû être sortie dans les onze-mille neuf-cent quatre-vingt quinze fois à cette heure-ci aux quatre coins du globe... m'en fous, j'aime bien).

- Essayez de prononcer "Saga Saw", c'est bizarre à dire ;P

- (Plutôt une anecdote :) --> Ceci n'est pas un smiley *ta gueule*. En allant dans ma salle de bains, j'ai cru apercevoir un cadavre dans ma baignoire, baignant dans son sang (le cadavre, pas la baignoire). J'ai trop abusé des films d'horreur ou pas ?

- Et je suis dégoûtée, parce que dans Le Cercle 1, le trop beau gosse meuuurt... (ouais, je sais, c'est cliché et inutile de flasher sur tous les beaux mecs des films, mais...)

- Sinon, dans L'armée des morts, j'ai longtemps espéré que la blondasse sortirait avec le mignon stagiaire... et en fait, non, elle se rabat sur un mec beaucoup plus vieux... *déçuuue*
(La fille qui se soucie beaucoup trop des histoires de coeur alors qu'elle sait pertinemment que les gens vont se faire arracher la tête dans les minutes qui suivent.)

Ne me dérangez pas, je visionne les Griffes de la Nuit...


(Hm ? L'heure où j'ai posté mon article ? N'y faites pas attention, j'assume tout à fait mes tendances insomniaques.)


Image : Un autre Freddy... cette fois, légèrement plus décomposé.
Juste comme ça, vous préférez lequel des deux ?

# Posted on Sunday, 16 August 2009 at 9:32 PM

"Vous m'adorez, ne dites pas le contraire" (Gossip Girl)

"Vous m'adorez, ne dites pas le contraire" (Gossip Girl)

___Il existe des tas de séries clichés dont raffolent les adolescents, même qu'ils pourraient rater leur Devoir de Science Physique ou laisser tomber leur dissertation sur la reproduction des pingouins au Pôle Sud (sujet pourtant des plus passionnants) ou même manquer les Totally Spies (*o*) pour les voir. Ces séries présentent chacune des similitudes prononcées... ou plus simplement, se ressemblent toutes.
___D'abord, le héros. D'une timidité légendaire, sans amis (ou presque), invisible la plupart du temps (celle qui va devenir l'héroïne ignore longtemps son existence jusqu'à ce jour fatidique raconté dans la série où ils se rencontrent), intelligent, mature, responsable (très important, ça), extrêmement impopulaire et bien sûr, fooooollement amoureux de celle qu'il n'a jamais osé accoster. Cela dit, il a de la chance, l'avenir les rapprochera d'une manière sûre.
___L'héroïne, donc. Magnifique (et elle le sait), la plus belle de l'établissement, populaire, a l'air d'une pute superficielle, mais le héros l'aime quand même... on se demande bien pourquoi. Au début, bien sûr, elle snobe le héros, mais celui-ci finit... par l'intriguer, en quelque sorte. Parce qu'il ne se démonte pas face à elle, même s'il a en permanence l'air d'un parfait idiot. Finalement, la pute a un bon fond et se laisse assagir par le caractère gentillet du héros, grand bien lui en fasse. Ils appréhendent beaucoup le premier baiser (à dix ans, ce serait mignon, à seize ou dix-sept, ça devient carrément pathétique). Le héros se penche lentement vers la fille qui examine ses ongles d'un air très intéressé, sans avoir capté l'importance de la situation. Et avant que ce soit le cas, une porte s'ouvre ou le téléphone sonne. Le héros se redresse brusquement comme si on l'avait pris en traître et tout est fichu. Ben oui, qu'est-ce que vous voulez, il faut bien du suspense. Puis, un jour de mauvais temps, il invitera sa chérie à s'abriter sous son parapluie, il bredouillera quelques mots sans suite et ils finiront enfin par boucler leur histoire. Quoique... la pute se révèle la plupart du temps avoir un lourd passé, du temps où elle faisait des trucs pas jolis jolis... avant qu'elle ne se range grâce à son angélique petit copain, et la relation est rarement des plus faciles. Mais bon... de ce côté-là, il suffit d'appliquer l'adage "Tout finit toujours par s'arranger".
___À part ça, le héros a souvent un frère ou une soeur, avec qui il est particulièrement proche. Seulement, ils rencontrent souvent des problèmes à deux, parce que le frère ou la soeur, en train de grandir, ne fait plus forcément attention aux conseils extrêmement matures de son aîné, ce qui le conduit à des situations compliquées et déplorables. Heureusement qu'il tient du héros et saura toujours se raisonner par la suite et apprendre de ses mauvais agissements. Par exemple : l'honnêteté prime avant tout, ou il ne faut jamais désobéir à ses parents.
___La famille est soudée, bien sûr. Il manque souvent un des deux parents, mort ou divorcé. Pourquoi ? D'abord, pour ajouter du dramatique à la situation. C'est toujours plus mignon quand le héros n'a pas été gâté par la vie mais est pourtant le plus gentil du monde. Ensuite, parce que... eh bien, les producteurs de ces séries ont des tas d'histoires d'amour à caser et celles du héros, de sa copine, des amis de sa copine, des amis du héros (quoique c'est vrai qu'il en a peu), des amis de ses amis et de son lointain cousin anglais émigré en Afrique du Sud, etc... étant insuffisants, les adultes y ont droit aussi ! Pas de raison. Et une mère ou un père seuls (toujours canons, bien sûr, même la quarantaine passée ; les séries sont toujours extrêmement réalistes), ça cherche une nouvelle compagnie. Mère superbe multipliant les conquêtes, père superbe retrouvant un amour d'enfance... ou vice-versa. Eux aussi pourront se comporter comme des adolescents question amour.
___Autres évènements délicats pour le héros et sa princesse : d'abord, le passage à l'acte. La pute s'est déjà tapé des tas de mecs auparavant et pourtant elle a peur que ça se passe mal, parce qu'ici, elle est vraiment amoureuse (vous suivez, oui ou non ?). En plus, ce n'est pas un truc dont on parle, à moins de décidément vouloir se rendre débile.
___Puis, il y a la déclaration. Hors des films, on dit pourtant "je t'aime" partout et n'importe quand : en vrai, au téléphone, sur MSN, la première fois qu'on se voit... eh bien, non, dans les films, c'est encore une autre étape à passer. Soudain, le héros se rend compte qu'il doit faire part de ses véritables sentiments à sa pétasse. Même si, à moins d'avoir de la merde dans les yeux (ce qui est impossible, vu l'éclat naturel de ses iris... hum), elle en est totalement consciente. À ce moment de l'histoire, j'hallucine, je croyais pourtant qu'il lui avait dit qu'il l'aimait depuis longtemps. Eh bien non, il lui avait sorti des trucs comme "tu me plais" ou "j'aime être avec toi" mais c'est sûr que "je t'aime" c'est cent fois plus difficile à dire... Ensuite, c'est comme la scène du baiser, ça met des plombes à se produire, mais quand c'est fait, on n'en parle plus et on passe à autre chose.
___Encore une fois, des tas d'obstacles se dressent devant le héros et sa copine ; cependant rien n'est plus fort que l'amour, n'est-ce pas ?
___C'est la phrase qu'il faut retenir. Avec aussi "mieux vaut avoir peu de vrais amis, plutôt que beaucoup de faux amis" et "la famille est toujours là quand il le faut". Que des conneries, quoi. Mieux vaut laisser tomber les morales.
___En tout cas, en ce moment, je regarde une série exactement du même genre et c'est Gossip Girl. Et j'adore. Pourtant, dans le fond c'est super cliché, mais j'adore. Même si, bien sûr, je déteste bon nombre de personnages.
___D'ailleurs, je devrais lire les livres, ça m'intéresserait sûrement.


Image : Chuck Bass.
J'adore son côté "mauvaisgarçonbonfond".
Et puis il est teeellement mignon <3

# Posted on Friday, 28 August 2009 at 6:49 AM

Edited on Sunday, 13 September 2009 at 7:49 AM